mardi 24 juillet 2007

Être ou ne pas être manichéen

Salut tout le monde!

Hop là, le temps passe tellement vite, il ne reste qu'une semaine et demie à mon stage, puis je voyage pendant une semaine, je reviens à Jaipur pour prendre mes bagages, et le 19 je me rends à Delhi pour le voyage de retour (prendre note que ce message affiche le 24 juillet car j'ai commencé à l'écrire à cette date, mais je le publie aujourd'hui, 1er août) ! Comme c'est là, je veux profiter de cette semaine de vacance en terre indienne pour me rendre à l'autre bout du pays, au Kerala (petit état du sud-ouest avec des belles plages), où ils ont un long réseau de rivières, canaux et lacs sur lesquels on peut voguer tranquillement grâce à des genres de grandes barques couvertes. La grosseur de ces embarcations varie, et la plupart contiennent des petites chambres, des toilettes et une cuisine, ce qui fait qu'on peut passer quelques jours de quiétude idyllique sur l'eau, à glisser tranquillement le long des berges, et à débarquer de temps en temps pour visiter un village. Si tout va bien et si les horaires coïncident, je devrais acheter le billet d'avion pour y aller demain (ça serait trop long d'y aller en train). Je vous en redonnerai des nouvelles, potentiellement dans un message post-retour! Sinon côté voyage, je suis finalement allé à Pushkar en fin de semaine dernière (après deux tentatives infructueuses : la première fois la route était bloquée par des émeutes, et la deuxième fois j'étais malade). Ça m'a fait le plus grand bien de sortir de Jaipur! C'est une toute petite ville touristique, sans voiture ni rickshaw, avec un lac sacré au milieu et des collines verdoyantes tout autour. Très joli et paisible. Et je suis censé aller à Jodhpur en fin de semaine, ville rajpoute reconnue pour ses maisons de couleur bleue.

Donc, être ou ne pas être manichéen en Inde... là est la question (pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas ce concept, eh bien... allez voir dans le dictionnaire!). Depuis plusieurs semaines s'entrechoquent et se disputent dans ma tête de nombreuses idées et constatations sur l'Inde, et elles ne sont pas toujours roses. Première mise en garde : mes observations ne concernent que le Rajasthan et en particulier Jaipur, car c'est ici que j'ai passé le plus clair de mon séjour. Je tenterai de nuancer mes propos le plus possible, car normalement je n'aime pas les gens pour qui tout n'est que noir ou blanc. Mais disons que la tentation est grande ici! Tout d'abord, parlons d'une des pires plaies que l'univers ait porté depuis des lustres (j'exagère à peine), et j'ai nommé les jeunes hommes indiens (ou à tout le moins ceux de Jaipur). Sérieusement, j'ai beaucoup voyagé, et je n'ai jamais vu des gens aux comportements aussi peu respectueux, désagréables et déplacés, surtout envers les femmes "occidentales". Je ne sais pas comment mes amies stagiaires ici font pour les supporter, en fait maintenant je crois qu'elles excellent dans l'art d'ignorer. Pas le choix. Ces jeunes hommes, aussitôt qu'ils voient quelqu'un de non indien, se sentent obligés de regarder avec insistance le plus longtemps possible, et dans le cas d'une femme, ne se gênent pas pour porter leur regard sur leurs attributs féminins sans aucune honte, et ce pendant plusieurs secondes. S'ensuivent des sourires entendus, des échanges entre eux, et souvent même ils abordent la personne de sexe féminin avec des questions ou des commentaires très savants et appropriés tels que "Hey baby, how are you?" ou "Hey, you are sexy"... Ça devient pire lorsqu'ils sont plusieurs. Plusieurs de mes amies ont eu des expériences très désagréables avec ces énergumènes : certaines se sont faites suivre jusque chez elles, d'autres se sont faites harceler par téléphone (c'est tellement pratique un cellulaire...), mon amie norvégienne, dans le temps qu'on habitait juste nous deux au début, se faisait suivre par un ti-coune à peine pubère qui, du haut de sa bicyclette, l'invitait constamment à sortir avec lui, et un jour a même poussé l'affront jusqu'à lui tâter la poitrine pendant qu'elle marchait! Le seul facteur que je trouve pour les excuser réside dans le fait qu'ils vivent dans une société très conservatrice et traditionnelle où le sexe est un sujet complètement tabou (il y a un débat en ce moment à l'échelle nationale à savoir si les enfants du secondaire devraient avoir des classes d'éducation sexuelle... plusieurs profs s'y opposent et certains ont brûlé des livres portant sur le sujet) et où les formes des femmes sont pratiquement toujours invisibles, cachées par le sari ou d'autres habits. Bon, évidemment, il ne faut pas généraliser, ce ne sont pas tous les jeunes hommes de Jaipur qui sont comme ça et j'en ai rencontré plusieurs qui sont très respectables. Mais mettons qu'il y en a beaucoup qui sont de purs agrès, surtout ceux qui traînent dans les rues et qui n'ont rien à faire, et ils sont plusieurs. En bref, je suis assez dégoûté à ce niveau, et je n'ose même pas imaginer comment ça serait si j'étais une femme...

Un autre élément de désagrément et de stress ici est la circulation. Je n'ai jamais vu pire chaos. Je suis toujours étonné de ne pas voir davantage d'accidents (j'en ai vu quelques-uns, mineurs) étant donné la façon dont ils conduisent ici. Je dirais malgré tout que c'est un chaos organisé à sa manière, puisque certaines règles sont de mise, mais disons qu'elles ne sont pas très nombreuses. Je lisais un article dans le journal ce matin dans lequel un Jaipurite se plaignait du fait que ses semblables conduisent mal et ne respectent pas les règles élémentaires de conduite. Les chauffeurs de rickshaw sont particulièrement épouvantables sur ce point. Ils n'hésitent pas à couper le passage et ne le cèdent qu'aux véhicules plus gros qu'eux. Souvent quand ils tournent à droite (car les gens conduisent à gauche ici), ils ne se gênent pas pour bloquer le traffic alors que c'est eux qui devraient attendre qu'il n'y ait personne pour tourner. Même si je suis habitué maintenant, il m'arrive encore de fermer les yeux parfois quand je suis dans un rickshaw...

Le bruit. Parlons du bruit. Le bruit ambiant est quasiment constant à Jaipur. Je m'en suis aperçu en allant à Pushkar et en me rendant compte que ça faisait un méchant bout que je ne m'étais pas assis à quelque part avec pour seul bruit le son de ma respiration. À Jaipur plusieurs sons viennent chatouiller le tympan régulièrement, la majorité venant des bruits inhérents à la circulation. Le pire de tous est le klaxon, que je qualifie maintenant d'invention du diable. Les gens ici s'en servent tellement que c'en est ridicule. Il m'est arrivé à plusieurs occasions de marcher et d'entendre un klaxon alors que le véhicule en question n'avait personne derrière ou devant lui sur une bonne distance. Ils aiment faire savoir qu'ils sont là je crois. Et ce n'est pas qu'un petit pouet bien placé, non, ça doit être un poueeeeeeeeeeeeeet prolongé, de façon à casser les oreilles le plus possible. Sinon il y a les bruits de tous ces moteurs d'autos, de motos, de rickshaws, de camions, de tracteurs et d'autobus. Ou les meutes de chiens qui jappent tard le soir un peu partout (il y a énormément de chiens errants à Jaipur, heureusement ils sont pour la plupart trop faibles et mal nourris pour être méchants; ils passent le plus clair de leur temps couchés à l'ombre). Ou le train. La maison où j'habite est située dans un quartier quand même assez tranquille, mais se trouve tout près d'une "track" de chemin de fer. La maison vibre quand le train passe, et il passe facilement 10-15 trains par jour.

Finalement, il y a la bouffe. Je suis à toute fin pratique devenu végétarien ici par la force des choses (je mange du poulet maximum deux fois par mois, et il est très difficile de trouver une autre sorte de viande). J'aime beaucoup ce qu'ils servent dans les restaurants (un bon paneer masala - morceaux de fromage dans une riche sauce aux tomates - avec un nan au beurre est un délice), mais la nourriture de base qu'ils servent - chapattis, riz, fêves en sauces, toutes sortes de légumes bizarres qui ne goûtent pas grand-chose -, mettons que je commence à la connaître un peu trop. Ça manque cruellement de variété! J'imagine que ma chère maman est un peu à blâmer pour être une si bonne cuisinière qui m'a habitué à une plus riche gastronomie...! J'ai perdu quelques livres, c'est certain.

Bon, je m'arrête ici. J'ai l'impression que vous allez penser avec ce message que mon séjour a été un enfer. C'est loin d'être le cas. Je n'ai énuméré ici que des choses négatives, et je profiterai d'un prochain message pour vous montrer l'envers du décor, soit tout le positif que j'ai vécu pendant ce voyage.

Sur ce, profitez de l'été qui est semble-t-il finalement arrivé au Québec! J'ai bien hâte de vous revoir tous.

Mathieu

samedi 30 juin 2007

Pot-pourri

Salut!

Encore une fois désolé de cette longue absence bloguienne... On dirait que plus ma vie ici se stabilise, moins je sens le besoin d'écrire. Mais n'allez pas croire qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie. C'est l'Inde, quand même!

Bon, alors, bref, tsé veut dire. Par où commencer? Mon stage je crois, car je n'en ai pas beaucoup parlé jusqu'à maintenant. Disons que j'ai de plus en plus de choses à faire, et que plus le temps passe, plus je trouve mon stage intéressant. Au début j'ai fait des trucs peu ou pas reliés à mon mandat initial, comme écrire une série de conversations en anglais (pour améliorer l'anglais oral des employés de l'ONG), ou écrire une pièce de théâtre pour les enfants du projet Hollande-Inde. Après 3 semaines plus ou moins occupée, j'ai finalement pu aller plus régulièrement faire des visites dans des classes où le projet est présent. Au fond, mon mandat repose vraiment sur deux axes différents. Le premier est de créer le même projet au Canada (on va commencer par le Québec!) : depuis mon départ je suis en contact régulier avec ma cousine Hélène, qui est prof dans une école primaire en banlieue de Montréal. Graduellement nous concevons et planifions pour commencer le projet dans son école en septembre, pour que les enfants écrivent des "journaux" sur différents sujets simples. Je m'occuperai ensuite du reste du processus, soit de traduire leurs textes en anglais et de les mettre sur un site web, de façon à ce que les enfants indiens puissent les voir. Inversement, les enfants québécois auront accès aux journaux qui seront faits par les enfants indiens. Ce processus est censé faire en sorte que les enfants participent davantage en classe, qu'ils apprennent sur une autre culture/un autre pays, qu'ils améliorent leur aptitude de lecture et d'écriture, etc (bref ce que j'avais écrit dans mon premier message). J'ai bien hâte de commencer ce projet en septembre, et de voir comment ça va évoluer. Deuxième axe : me promener dans les classes ici et évoluer l'impact du projet sur les enfants. J'avoue que je suis un peu déçu à ce niveau, quoique ça s'améliore depuis deux semaines. Je participe à de plus en plus d'activités extérieures, que ce soit des visites dans des classes, des ateliers avec des profs, une visite d'un village avec une délégation africaine, ou un pique-nique avec les enfants (ça c'est pour demain). Mais quand je reste au bureau, je m'emmerde un peu, surtout ces temps-ci parce que je scanne les journaux que les enfants indiens ont fait le mois dernier; c'est long et plate! Donc globalement, et ayant accompli la moitié de mon stage, je peux dire que je suis content de mon stage pour l'ONG, surtout que je sors de plus en plus du bureau pour des visites de "terrain". Surtout si je me compare avec d'autres stagiaires qui sont à Jaipur, et qui n'ont aucun mandat quand ils arrivent, et donc qui se pognent le beigne depuis leur arrivée...

Sinon, comme j'ai travaillé six jours par semaine les trois dernières semaines, mes sorties touristiques s'en sont trouvées affectées. Au moins dimanche dernier je suis allé avec quelques comparses (une Albertaine, un Turc, une Britannique et une Hollandaise) voir le coucher de soleil à Tiger Fort (aussi appelé Nahargarh Fort), un fort sur une des nombreuses collines qui dominent Jaipur. C'était très beau : la vue sur la ville et les nuages qui changeaient de couleur graduellement, le soleil comme une gross boule de feu. Mais la fin de semaine prochaine et l'autre d'après, j'aspire à partir, notamment à Pushkar (je vous en ai déjà parlé dans un précédent message, mais on n'avait pas pu y aller parce que la route était bloquée par des émeutes...), et peut-être Udaipur, une ville du sud du Rajasthan qui est surnommée la Venise indienne à cause de ses lacs. Mais c'est quelque chose comme 12 heures d'autobus pour y aller. On verra! Sinon j'ai encore plusieurs choses à voir à Jaipur même.

Côté vie sociale, ça va très bien, autant au bureau qu'avec les autres stagiaires. Je me suis particulièrement lié d'amitié avec Susan, une Albertaine d'Edmonton, qui habite à la même place que moi et sans qui mon séjour n'aurait pas été le même. En ce moment, où j'habite, il y a deux Canadiens (dont moi), trois Turcs, trois Américaines, un Brésilien, une Tunisienne, une Norvégienne et deux Chinois (dont une de Hong Kong). Vive la diversité! Et en bon Québécois étant à l'extérieur du pays, j'ai fêté la St-Jean avec quelques amis, en buvant du raki turc et de la vodka polonaise. On prend ce qui passe! Et j'ai aussi dû, bien malgré moi, fêter le 1er juillet... car mes deux amies albertaines ont organisé une petite soirée, et comme je les aime beaucoup, je me suis plié à leurs exigences, allant jusqu'à me laisser coller des 'tits drapeaux canadiens sur la face. Mais cette soirée là (samedi dernier), j'ai rencontré deux Québécois qui travaillent ici depuis cinq mois (aucun lien avec l'AIESEC, ce qui explique que je ne les avais pas rencontrés avant), mais qui partent malheureusement dans quelques jours. Ils travaillaient pour une ONG aussi. Ça a fait du bien de parler français! C'était quasiment jouissif je dirais. Je parle tout le temps en anglais ici, et c'est rendu que je pense en anglais parfois... Au travail, j'ai un peu l'impression d'être devenu la coqueluche du bureau, car de plus en plus de gens m'invitent à aller manger chez eux. À date je n'ai pu le faire qu'une fois, et ça a été très agréable. Chapattis (genre de galette faite à base de blé je crois), patates, dal, genre de poudding au riz et agréables conversations au menu. Je suis devenu végétarien! En fait où j'habite on est censé avoir du poulet une fois par deux semaines, et des oeufs l'autre semaine, le vendredi soir, mais comme on va souvent manger ailleurs, ça fait un bout que je n'ai pas mangé de viande! Je crois d'ailleurs avoir perdu quelques livres...

Finalement, l'Inde continue toujours de me fasciner et de m'étonner par ses nombreux contrastes. Ici l'homosexualité est socialement réprimée et même condamnable par la loi, mais les hommes se tiennent par la main en signe d'amitié. Les gens nantis nourrissent les vaches sacrées, mais ne donnent rien aux mendiants. Le système des castes est officiellement aboli depuis quelques décennies, mais les servants qui font la bouffe et le ménage où j'habite doivent s'asseoir par terre s'ils veulent regarder la télévision (ça serait très mal vu qu'ils s'assoient sur une chaise ou un sofa). La situation sociale des femmes s'améliore de plus en plus, mais il arrive encore, dans les campagnes, que des épouses dont la famille n'a pas assez d'argent pour payer la dot se fassent battre, et même dans certains cas tuer par leur belle-famille...

Sur ce, tâchez d'être heureux! J'apprécie beaucoup mon expérience, mais je crois que je vais être heureux de revenir et de vous revoir tous!

Mathieu

lundi 11 juin 2007

Des couleurs et des odeurs






Bien le bonjour, lecteurs bien-aimés!

Tout d'abord désolé pour cette longue absence, surtout pour ceux qui surveillent l'évolution de ce blog avidement (je suis sûr que vous êtes nombreux...). Cette chronique portera en partie sur les deux thèmes annoncés dans le titre. Par la suite, si vous êtes gentils, je vous donnerai quelques nouvelles plus concrètes, entre autre sur ma visite chez le barbier et mon excursion un peu décevante à Agra.

Je l'avais expérimenté lors de mon premier passage en Inde en novembre 2005, mais cette-fois ci je peux d'autant plus affirmer avec certitude que ce pays est un savoureux mélange de couleurs et d'odeurs. Avant de venir ici la première fois, je m'étais fait dire qu'aussitôt que tu débarques de l'avion en Inde, ça pue. Cette assertion, évidemment exagérée, contient quand même sa part de vérité. L'Inde est un mélange de plusieurs odeurs qui, je dois l'admettre, sont souvent nauséabondes. Qu'elles viennent des égoûts à ciel ouvert, des petites montagnes de déchets qui jonchent le sol littéralement partout, des excréments humains ou animaux, ou encore de la pollution ambiante de tous ces rickshaws, camions, motos, voitures, autobus, tracteurs et pets de chameau... Cette malodeur ambiente possède néanmoins un avantage non négligeable. Comme ça pue plus souvent qu'autrement, lorsqu'une odeur agréable vient titiller les narines, le plaisir olfactif s'en trouve décuplé. En effet, une bonne odeur au milieu de mauvaises se distingue davantage que si elle se trouvait parmi d'autres bonnes odeurs. Par exemple, quand je circule en rickshaw et que j'essaye de ne pas inhaler toutes les émissions de dioxyde de carbone, et qu'une odeur d'encens, de fleur ou de parfum vient à ma rencontre, je suis très content. Sinon, il y a toujours les odeurs de nourriture qui sont bonnes, ou encore la bonne vieille odeur du linge fraîchement lavé.

Pour ce qui est des couleurs, je suis constamment fasciné par celles des saris des femmes rajpoutes (adjectif pour désigner ce qui est propre au Rajasthan). Selon le souvenir de mon précédent voyage en Inde, ce n'est qu'au Rajasthan qu'on peut admirer des saris avec des couleurs aussi vives. Les couleurs les plus fréquentes sont rouge, rose, orange et jaune. Mais ce ne sont pas des teintes fades; loin de là, les couleurs tirent parfois sur le fluo! Ici encore le principe des odeurs s'applique. Je m'explique : Jaipur est une ville relativement monochrome. Plusieurs éléments de la ville ont une teinte que je qualifierais d'ocre terreux (peut-être un pléonasme). Car non contents d'habiter dans un désert avec presque pas de gazon et beaucoup de terre et de sable, les habitants de Jaipur peinturent chaque année leur ville en "rose" (plutôt cet ocre terreux que du rose) : trottoirs (quand il y en a), murs en bordure de routes, certaines bâtisses. Cette tradition date de 1820 ou autour, quand les habitants ont donné cette couleur à leur ville pour souligner la visite du Prince de Galles (il faut dire que ça "matche" parfaitement avec la couleur de la terre et des collines et montagnes entourant la ville). Cette tradition est restée, et Jaipur est maintenant surnommée la ville rose. Tout ça pour dire que cette teinte d'ocre revient très souvent et que, quand on voit une tache orange vif qui se détache à l'horizon, mettons que ça capte le regard, et ça offre une belle distraction à l'oeil qui ne voit que de l'ocre partout. D'autres exemples de couleurs marquantes : les arbres et toute sorte de verdure (car c'est plutôt rare ici), les fleurs, les oiseaux... pas tant que ça finalement!

Sinon j'ai eu ma première expérience chez le barbier! Je voulais aller me faire couper les cheveux car ils s'en venaient longs et touffus par cette chaleur. Je suis donc allé chez un barbier près d'où j'habite. Je m'installe et on commence à me couper les cheveux avec des ciseaux qui semblaient tellement vieux que je me disais que mon arrière-grand-mère utilisait sûrement les mêmes pour faire de la couture. Mais je n'ai pas eu à me plaindre; ils sont très consciencieux et professionnels, et ils n'aiment vraisemblablement pas les favoris trop épais! Les miens y sont passés quasiment au complet! Puis, sans que je le demande, le gars entreprend de me raser. Comme je sais que les hommes se font souvent raser ici, je me laisse faire. Le barbier de sortir un "rasoir" vraiment old style, que mon arrière-grand-père utilisait fort probablement dans son jeune temps. Ça rasait presque d'aussi près que quand je le fais moi-même (et ne vous inquiétez pas, ils changent la lame à chaque fois)! Après je pensais que c'était fini, mais non! Il me met différentes pommades sur la face et commence à me faire un massage facial (aussi une coutume ici)... Après quelques minutes de cet exercice plutôt désagréable (frottage de la pomme d'adam qui donne mal au coeur, pinçage de nez qui empêche de respirer...!), je lui dis que c'est assez, et je paye les 90 roupies demandés (environ 2.50$) et je m'en vais, allégé du cuir chevelu et soulagé d'avoir échappé à ce "massage"!

Pour clore en beauté : en fin de semaine dernière nous sommes partis à huit vers Agra, lieu de résidence du célèbre Taj Mahal. Trois Canadiens (dont moi), deux Américaines, une Norvégienne, une Polonaise et un Allemand. C'est beau l'AIESEC, non? Après 5h30 de bus de nuit (sans sommeil pour moi), on arrive à 4h du matin à Agra, puis on va déposer nos choses à l'hôtel, pour se diriger très tôt vers le Taj pour y admirer le lever de soleil. Beaucoup moins de touristes que dans mon souvenir, il fait trop chaud... J'ai beaucoup aimé revoir ce site et ce mausolée magnifique fait entièrement en marbre. C'est tout simplement majestueux. Je vous ai mis quelques photos pour que vous puissiez apprécier aussi. Mais le reste de la fin de semaine a été décevant. Cet après-midi là je suis resté couché pour cause de manque de sommeil, problèmes digestifs (je vous épargne les détails...) et chaleur suffocante. Il faisait autour de 48-50 à Agra... Même les Indiens se plaignaient de la chaleur, ce qui est mauvais signe! Et la nuit suivante a été ponctuée de nombreuses coupures de courant, ce qui avait pour effet que je me réveillais à chaque fois dans un bain de sueur parce que le ventilateur avait arrêté. Une des pires nuits de ma vie! Le lendemain, mettons qu'on n'était pas à notre meilleur. J'ai décidé de revenir plus tôt que prévu à Jaipur avec 3 comparses, car je ne me sentais pas mieux. Heureusement, de retour à Jaipur, je me sentais miraculeusement mieux! Et ça s'améliore constamment depuis, donc je suis content!

Je vous laisse sur ces considérations bien terre-à-terre. Pour ceux qui sont sur Facebook, il y a beaucoup plus de photos sur mon profil. J'espère que vous allez tous bien!

Mathieu

jeudi 31 mai 2007

Remember the three T's...

Bonjour à vous tous, fidèles et assidus lecteurs! (à noter que le masculin n'est ici utilisé que pour alléger le texte, comme ils disent dans les documents officiels...)

Ce message risque d'être un peu long, car ça fait un moment que je n'ai pas donné de nouvelles; assurez-vous d'avoir quelques minutes devant vous!

Où en étions-nous? Ah oui, je voulais vous parler de ma longuissime mésaventure en rickshaw. Ça s'est passé quand j'ai voulu aller à ma première journée de travail (j'étais déjà allé la veille, mais seulement pour rencontrer les gens avec qui j'allais travailler, et on m'y avait conduit en moto). Il fallait donc que je me rende par moi-même à l'ONG où je travaille (Pratham). Je savais que ce n'était pas trop loin de chez moi, mais comme je ne savais pas le chemin (évidemment je ne l'avais pas retenu de la veille), je décidai de prendre un rickshaw, car j'avais au moins l'adresse! J'en attrape un, je négocie pour 30 roupies (pas tout à fait 1$), et on part. Le fun commence! Il faut préciser ici que les chauffeurs de rickshaw, même s'ils passent leurs journées à arpenter les rues de Jaipur, ont, pour la plupart, un sens de l'orientation et une connaissance de la ville que je qualifierais de piètres, voire de vraiment poches. En fait ce qui arrive très souvent, c'est qu'ils font un bout de chemin (parfois même dans la mauvaise direction), et quand ils s'aperçoivent qu'ils ne savent plus où ils sont, ils s'arrêtent au bord de la route et demandent leur chemin à un autre chauffeur ou à un passant qui, la plupart du temps, ne savent pas non plus où se trouve la destination finale du passager... Comme vous pouvez imaginer, ce manège peut durer longtemps et ça peut être vraiment long avant de voir la lumière au bout du tunnel! Pour en revenir à nos moutons, je suis dans ce rickshaw qui doit me mener au travail. Je me disais que ça allait prendre 15 minutes maximum, sachant que ce n'était pas loin. Mais fidèle à sa confrérie (car je n'ai jamais vu de femmes chauffeuses de rickshaw), il ne savait pas où il allait. Le problème, c'est que l'ONG est située dans un endroit un peu bizarre et caché, difficile à trouver quand on ne le connaît pas. Pour faire une histoire courte, je suis resté 1h30 dans ce même rickshaw, à désespérer au fur et à mesure que le temps passait et qu'on ne trouvait pas l'endroit. Toutes les personnes à qui on demandait semblaient être sûres de leur coup et nous disaient avec certitude le chemin à prendre... Et comme je n'avais pas encore de cellulaire, je ne pouvais appeler personne qui aurait pu dire au chauffeur quel chemin prendre. J'ai fini par me décourager complètement et sortir de ce rickshaw maudit, probablement au grand soulagement du chauffeur, qui semblait à bout de nerfs lui aussi. J'étais alors complètement perdu, car on avait tellement viraillé que j'en avais perdu le nord. Je suis donc allé dans une petite échoppe où il y avait le téléphone, et j'ai appelé mon contact à l'ONG, qui a dit au monsieur de l'échoppe le chemin pour l'ONG, afin qu'il puisse le dire à un nouveau chauffeur de rickshaw. Je me rembarque donc dans cette machine du diable (je ne la portais pas dans mon coeur à ce moment) et, finalement, après encore 30 minutes de niaisage, on finit par trouver et je reconnais l'endroit. Y'était temps!! Tout le long de cette folle épopée, je me remémorais une photo affichée sur un mur de la maison où j'habite, et où il est écrit "Remember the three T's... Things Take Time". Mais rassurez-vous, les jours suivants je savais le chemin et depuis, je vais au travail à pied. Moins risqué!

L'endroit où j'habite, appelé Blue house par les gens de l'AIESEC, est correct, mais sans plus. Ma chambre est on ne peut plus dénudée, avec seulement un lit et une armoire. Le lit, évidemment, est trop petit... Mais je suis habitué, c'est pas mal tout le temps comme ça quand je voyage! En fait j'habite dans une maison, et les chambres pour les stagiaires sont au rez-de-chaussée. Les proprios, un prof, sa femme, leur fils (un ancien AIESECer) et leur chien Cesar (y'a toujours un chien dans mes histoires... pour ceux qui se rappellent de mon séjour à Barcelone l'été dernier, celui-ci est beaucoup plus tranquille que l'autre p'tit maudit!) habitent au-dessus. Contrairement à ce qu'on m'avait dit, la bouffe n'est pas incluse. Pour ceux qui connaissent mes grands talents de cuisinier, vous devinez que j'étais un peu découragé par cette découverte. Et la douche, ben... en fait la douche ne marche que pendant 30 secondes, car après il n'y a plus de pression... Il faut donc que je fasse avec l'unique robinet accroché au mur, à la hauteur de mon bassin. Je ne vous décrirai pas en détail les contorsions que je dois faire pour me laver, je laisse libre cours à votre imagination fertile et débordante! Au sortir de la "douche", j'ai mon moment de grâce de la journée, car pour quelques instants précieux on dirait qu'il fait quasiment frais... À date je n'ai vu que quelques geckos ainsi que 4 coquerelles... dont la plus grosse que j'avais jamais vue! Heureusement elles se tiennent dans la cuisine. De toute façon je vais déménager lundi qui vient, car Mari et moi ne sommes pas de très bon cuisiniers! On va déménager à Swati's house, une autre maison où beaucoup plus de stagiaires habitent (il peut y en avoir 12 en même temps!), où la proprio (appelée Auntie par tout le monde) semble être très gentille, où je serai encore plus près du travail, et où il y a même une grande terrasse sur le toit pour passer des soirées agréables!

Au travail tout va bien, les gens sont gentils et accueillants. À date je n'ai fait qu'une visite dans une classe, mais à partir du 11 juin j'irai pratiquement à chaque jour. Ça a été une très belle expérience. Environ 23 enfants s'entassaient dans une très petite salle, et ils semblaient plutôt surpris de voir surgir un grand Canadien dans leur classe! J'y suis resté presque deux heures avec Shehzad, le coordonnateur du projet. On a fait différentes activités, je leur ai montré le Canada sur une carte, ils m'ont chanté des chansons, montré et fait pratiquer des danses d'ici, et j'ai joué à la corde à danser avec une petite fille! J'ai aussi eu droit à une petite pièce de théâtre, que Shehzad me traduisait au fur et à mesure. Certains enfants m'ont invité à manger chez eux et m'ont demandé, une lueur d'inquiétude dans les yeux, si je mangeais toujours de la viande! Je n'ai pas pu y aller car il fallait revenir à l'ONG, alors ce sera pour une autre fois j'espère! Ces jours-ci, pour m'occuper, j'écris une pièce de théâtre pour le projet (qui sera, j'espère, jouée par les enfants participant au projet) et j'écris le rapport mensuel du projet.

En vrac (ça fatigue de faire un texte structuré par cette chaleur!) : J'ai vu plein d'animaux à date! Des vaches (toujours aussi sacrées et sacrantes quand elles décident de bloquer le traffic... mais ça n'arrive pas souvent), des chameaux (on en trouve beaucoup au Rajasthan), des cochons, des chèvres, des chiens, un chat, toutes sortes d'oiseaux, des chevaux, des souris, des chauves-souris... tout ça dans la rue ou sur le bord! Il fait toujours aussi chaud, même que ces jours-ci c'est pire! Mon système digestif commence à être un peu... disons... chamboulé, mais c'est pas trop pire à date. Côté tourisme, je suis censé aller à Pushkar ce week-end, petite localité touristique du centre du Rajasthan, où on trouve un lac sacré, plusieurs temples et semble-t-il de belles occasions de magasinage. La fin de semaine suivante on projette d'aller à Agra avec d'autres stagiaires. Je vais revoir le Taj Mahal! Je rencontre de plus en plus de gens, beaucoup de stagiaires de l'AIESEC et quelques Indiens.

Le côté sombre des choses : le nombre de sans-abri ici est assez énorme... Quand on circule le soir tard en rickshaw, on voit des gens couchés partout, sur les trottoirs, en-dessous des viaducs, devant les magasins. C'est infiniment triste, et enrageant de voir que notre capacité d'action est très limitée. Beaucoup de gens semblent vivre avec très peu de moyens. Des mendiants nous accostent régulièrement, souvent des vieilles, des enfants, ou des femmes avec leur bébé dans les bras. Je donne de temps en temps, même si on nous dit de ne pas le faire. Quand les gens ont un peu d'argent, ils s'achètent un cellulaire... J'ai l'impression que les gens ont davantage de cellulaires ici que chez nous!

Là-dessus je vous laisse, chers tous. Continuez de profiter de l'été qui arrive, et surtout de la vie! Je tâcherai de mettre des photos dans mon prochain message.

À bientôt!

Mathieu

P.S. Ils ont de la poutine ici!!! En fait j'ai découvert ça hier soir dans un resto à l'occidentale, où ils servent paninis, sandwiches, sheeshas, tapas, café et... de la poutine! J'ai failli tomber en bas de ma chaise quand j'ai vu le mot dans le menu. Bon, ce n'est comme de la vraie : ils servent les frites avec une sauce au curry (on s'adapte!) pas trop piquante, et le fromage est fondu dans la sauce. Ils précisent même dans le menu que c'est une "french canadian" spécialité!

jeudi 24 mai 2007

Quelques nouvelles...

Bonjour tout le monde!

Bon alors suite à des pressions indues de la part de certains individus, je vous écris. J'attendais d'avoir des choses à raconter, mais je crois que c'est maintenant chose faite! Bon alors, par où commencer?...

Disons que mes péripéties indiennes ont commencé après mon atterrissage à Delhi. Je savais qu'il fallait que je change de terminal pour aller prendre mon vol pour Jaipur, mais j'ai découvert que ledit terminal se trouvait à 15 km de mon lieu d'atterrissage. Il était autour de minuit quand j'ai passé les douanes et pris ma valise (après avoir tourné en rond pendant une heure dans le ciel de Delhi à cause des orages... vive la mousson!), et j'avais cru comprendre qu'il y avait une navette gratuite entre les terminaux. Mais quand j'ai demandé, un ti-coune (y'a beaucoup de ti-counes qui ne demandent qu'à t'aider dans les lieux publics... en échange de quelques roupies bien sûr!) m'a dit que la navette ne marchait pas la nuit, et que comme mon vol était à 5h45 du matin, il me faudrait prendre un taxi (j'ai découvert par la suite que le ti-coune m'avait menti en pleine face et que la navette venait à toutes les demi-heures). S'ensuit un exercice de bargainage assez ardu, et des 1750 roupies que le ti-coune me demandait à la base (environ 47$, et ce pour une course de 15-20 minutes...), je l'ai fait baissé à 300 roupies (soit 8$!!)... Une chance que je savais le taux de change, et surtout qu'il faut toujours négocier avec les chauffeurs de taxi et de rickshaw! Mais ce prix reste encore assez élevé comparé à ce que je paye maintenant.

Deuxième aventure : mon arrivée à Jaipur. Pour ceux qui ne connaissent pas l'AIESEC (parfois surnommée l'AIESECte...), un des avantages de faire un stage avec eux est d'être pris en charge à notre arrivée. Malheureusement, je n'ai pas eu cette chance. L'entente avec mon contact était que, de l'aéroport, je prenne un taxi vers la station d'autobus de Jaipur, et il était censé m'attendre là. À mon arrivée à ladite station, aucune trace de lui... Je l'appelle sur son cellulaire à partir d'un téléphone, mais pas de réponse... Je me rends compte que je n'ai pas l'adresse de ma résidence et que je n'ai pas d'autres numéros de téléphone, que je suis en Inde et que je fais un peu dur... Je résouds d'attendre un peu, car on est dimanche matin et il est tôt. Après quelques mendiantes insistantes (car la station est extérieure) et des chiens errants avec la peau sur les os, je me réessaye. Toujours rien... Je me rappelle alors que j'ai le nom d'un restaurant qui est censé être près d'une des maisons de stagiaires d'AIESEC. Je prends donc un rickshaw jusque là (pour ceux qui ne savent pas, un rickshaw est un genre de mini-taxi sans portes mais couvert, avec une banquette à l'avant pour le chauffeur et une à l'arrière pour les passagers; ils conduisent avec un genre de guidon et ça ne va pas plus vite que 50/60 km/h), et en rayonnant autour du restaurant on finit par croiser une personne blanche. Je me garroche dessus comme la misère sur le pauvre monde et, comble de bonheur, je découvre qu'elle est aussi une stagiaire de l'AIESEC. Elle m'amène où elle loge, et je peux me poser enfin! Je jase un peu avec un Espagnol et une heure plus tard se pointe finalement mon contact, Aayush, avec Harshit, tous deux membres d'AIESEC ici. Ils font venir un rickshaw qui me mène où je vais habiter, alors que les deux gars nous précèdent en moto. Mais ce qui devait arriver arrive, et le chauffeur de rickshaw se perd en chemin... On doit arrêter téléphoner pour qu'Aayush et Harshit viennent nous retrouver. Mettons que je commençais à être un peu tanné! On arrive finalement à Blue house (la plupart des maisons de stagiaires portent un nom de couleur), et je peux souffler. J'y rencontre Mari, une Norvégienne sculpturale de 6 pieds, qui est arrivée depuis une semaine.

Je m'arrête ici pour le moment, et je garde la suite pour une prochaine fois... histoire de vous tenir en haleine et aussi parce que je vais me coucher. Quelques remarques en terminant. 1) Il fait chaud en bâtard... autour de 40 degrés chaque jour. Heureusement je m'étais préparé mentalement. Je bois beaucoup d'eau! 2) Tout prend plus de temps ici. Faut dire que la chaleur n'aide pas... 3) Je suis déjà un peu tanné d'être dévisagé par pratiquement tout le monde; être blanc constitue une grande attraction ici. J'imagine que je vais m'y faire. 4) Je me suis acheté un cellulaire (j'en entends déjà certain(e)s s'étonner... ou se réjouir). Si ça vous tente de faire un coup de fil en Inde, écrivez-moi et je vous donnerai le numéro.

Dans mon prochain message, je démontrerai qu'il est parfaitement possible, quoique assez ridicule, de prendre 2 heures en rickshaw pour se rendre à un lieu qui se trouve en fait à 15 minutes à pied... D'ici là, soyez sages! J'espère que vous allez tous bien. Et continuez à écrire des commentaires, j'adore ça!

À très bientôt!

Mathieu

P.S. à Valérie L.: Ne t'en fais pas, je ne liche pas les mains des mendiants!

jeudi 17 mai 2007

Le grand départ!

Bonjour à toutes et à tous!!

Bienvenue sur mon blog, où vous pourrez lire mes chroniques sur ce que je vivrai à Jaipur, en Inde, pendant les trois prochains mois. Pour ceux qui sont des habitués de mes calembredaines (récits de mes voyages précédents), je vais essayer de conserver le style qui vous était cher, quoique j'imagine qu'il va arriver que mes propos soient moins légers parfois.

Petit résumé : je pars aujourd'hui le 18 mai 2007, et je m'envole pour l'Inde, à Jaipur, capitale du Rajasthan. Je vais faire un stage de 12 semaines pour une ONG indienne du nom de Pratham, qui a plusieurs projets visant à amener les enfants des bidonvilles à l'école, et qu'ils y restent. Le projet sur lequel je suis censé travailler est le HI Project, c'est-à-dire Holland-India. Pratham a créé un partenariat avec un institut d'enseignement des Pays-Bas, et des enfants des deux pays écrivent, à raison de six fois par année, des petits journaux sur des thèmes simples. Le projet a notamment pour but pour les enfants indiens de stimuler leur curiosité, de les pratiquer à lire et à écrire, d'apprendre un peu d'anglais, d'en apprendre sur une autre culture, et d'être en contact avec des ordinateurs. De ce que je sais, mes tâches seront de faire des tournées dans les écoles où le projet fonctionne, de façon à en évaluer son efficacité; de stimuler l'apprentissage des enfants; d'explorer la possibilité d'étendre le projet à d'autres pays (notamment au Québec); d'aider à la documentation du projet; et de faire un rapport dans lequel j'explorerai les possibilités pour d'autres pays. Je n'en sais pas plus pour le moment, mais j'ai extrêmement hâte de commencer ce qui s'annonce comme l'expérience la plus enrichissante de toute ma jeune vie.

Je vais essayer d'écrire des messages régulièrement, mais je n'ai encore aucune idée à quel rythme je le ferai. Visitez le blog de temps en temps pour voir s'il y a du nouveau. Aussi, ne vous gênez surtout pas pour écrire des commentaires à mes messages, ça me fera un énorme plaisir! Il suffit de s'enregistrer sur le site et d'avoir un nom d'utilisateur, mais suivez la procédure, c'est très simple. Donc bonne lecture, et surtout bon été!!