Salut!
Encore une fois désolé de cette longue absence bloguienne... On dirait que plus ma vie ici se stabilise, moins je sens le besoin d'écrire. Mais n'allez pas croire qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie. C'est l'Inde, quand même!
Bon, alors, bref, tsé veut dire. Par où commencer? Mon stage je crois, car je n'en ai pas beaucoup parlé jusqu'à maintenant. Disons que j'ai de plus en plus de choses à faire, et que plus le temps passe, plus je trouve mon stage intéressant. Au début j'ai fait des trucs peu ou pas reliés à mon mandat initial, comme écrire une série de conversations en anglais (pour améliorer l'anglais oral des employés de l'ONG), ou écrire une pièce de théâtre pour les enfants du projet Hollande-Inde. Après 3 semaines plus ou moins occupée, j'ai finalement pu aller plus régulièrement faire des visites dans des classes où le projet est présent. Au fond, mon mandat repose vraiment sur deux axes différents. Le premier est de créer le même projet au Canada (on va commencer par le Québec!) : depuis mon départ je suis en contact régulier avec ma cousine Hélène, qui est prof dans une école primaire en banlieue de Montréal. Graduellement nous concevons et planifions pour commencer le projet dans son école en septembre, pour que les enfants écrivent des "journaux" sur différents sujets simples. Je m'occuperai ensuite du reste du processus, soit de traduire leurs textes en anglais et de les mettre sur un site web, de façon à ce que les enfants indiens puissent les voir. Inversement, les enfants québécois auront accès aux journaux qui seront faits par les enfants indiens. Ce processus est censé faire en sorte que les enfants participent davantage en classe, qu'ils apprennent sur une autre culture/un autre pays, qu'ils améliorent leur aptitude de lecture et d'écriture, etc (bref ce que j'avais écrit dans mon premier message). J'ai bien hâte de commencer ce projet en septembre, et de voir comment ça va évoluer. Deuxième axe : me promener dans les classes ici et évoluer l'impact du projet sur les enfants. J'avoue que je suis un peu déçu à ce niveau, quoique ça s'améliore depuis deux semaines. Je participe à de plus en plus d'activités extérieures, que ce soit des visites dans des classes, des ateliers avec des profs, une visite d'un village avec une délégation africaine, ou un pique-nique avec les enfants (ça c'est pour demain). Mais quand je reste au bureau, je m'emmerde un peu, surtout ces temps-ci parce que je scanne les journaux que les enfants indiens ont fait le mois dernier; c'est long et plate! Donc globalement, et ayant accompli la moitié de mon stage, je peux dire que je suis content de mon stage pour l'ONG, surtout que je sors de plus en plus du bureau pour des visites de "terrain". Surtout si je me compare avec d'autres stagiaires qui sont à Jaipur, et qui n'ont aucun mandat quand ils arrivent, et donc qui se pognent le beigne depuis leur arrivée...
Sinon, comme j'ai travaillé six jours par semaine les trois dernières semaines, mes sorties touristiques s'en sont trouvées affectées. Au moins dimanche dernier je suis allé avec quelques comparses (une Albertaine, un Turc, une Britannique et une Hollandaise) voir le coucher de soleil à Tiger Fort (aussi appelé Nahargarh Fort), un fort sur une des nombreuses collines qui dominent Jaipur. C'était très beau : la vue sur la ville et les nuages qui changeaient de couleur graduellement, le soleil comme une gross boule de feu. Mais la fin de semaine prochaine et l'autre d'après, j'aspire à partir, notamment à Pushkar (je vous en ai déjà parlé dans un précédent message, mais on n'avait pas pu y aller parce que la route était bloquée par des émeutes...), et peut-être Udaipur, une ville du sud du Rajasthan qui est surnommée la Venise indienne à cause de ses lacs. Mais c'est quelque chose comme 12 heures d'autobus pour y aller. On verra! Sinon j'ai encore plusieurs choses à voir à Jaipur même.
Côté vie sociale, ça va très bien, autant au bureau qu'avec les autres stagiaires. Je me suis particulièrement lié d'amitié avec Susan, une Albertaine d'Edmonton, qui habite à la même place que moi et sans qui mon séjour n'aurait pas été le même. En ce moment, où j'habite, il y a deux Canadiens (dont moi), trois Turcs, trois Américaines, un Brésilien, une Tunisienne, une Norvégienne et deux Chinois (dont une de Hong Kong). Vive la diversité! Et en bon Québécois étant à l'extérieur du pays, j'ai fêté la St-Jean avec quelques amis, en buvant du raki turc et de la vodka polonaise. On prend ce qui passe! Et j'ai aussi dû, bien malgré moi, fêter le 1er juillet... car mes deux amies albertaines ont organisé une petite soirée, et comme je les aime beaucoup, je me suis plié à leurs exigences, allant jusqu'à me laisser coller des 'tits drapeaux canadiens sur la face. Mais cette soirée là (samedi dernier), j'ai rencontré deux Québécois qui travaillent ici depuis cinq mois (aucun lien avec l'AIESEC, ce qui explique que je ne les avais pas rencontrés avant), mais qui partent malheureusement dans quelques jours. Ils travaillaient pour une ONG aussi. Ça a fait du bien de parler français! C'était quasiment jouissif je dirais. Je parle tout le temps en anglais ici, et c'est rendu que je pense en anglais parfois... Au travail, j'ai un peu l'impression d'être devenu la coqueluche du bureau, car de plus en plus de gens m'invitent à aller manger chez eux. À date je n'ai pu le faire qu'une fois, et ça a été très agréable. Chapattis (genre de galette faite à base de blé je crois), patates, dal, genre de poudding au riz et agréables conversations au menu. Je suis devenu végétarien! En fait où j'habite on est censé avoir du poulet une fois par deux semaines, et des oeufs l'autre semaine, le vendredi soir, mais comme on va souvent manger ailleurs, ça fait un bout que je n'ai pas mangé de viande! Je crois d'ailleurs avoir perdu quelques livres...
Finalement, l'Inde continue toujours de me fasciner et de m'étonner par ses nombreux contrastes. Ici l'homosexualité est socialement réprimée et même condamnable par la loi, mais les hommes se tiennent par la main en signe d'amitié. Les gens nantis nourrissent les vaches sacrées, mais ne donnent rien aux mendiants. Le système des castes est officiellement aboli depuis quelques décennies, mais les servants qui font la bouffe et le ménage où j'habite doivent s'asseoir par terre s'ils veulent regarder la télévision (ça serait très mal vu qu'ils s'assoient sur une chaise ou un sofa). La situation sociale des femmes s'améliore de plus en plus, mais il arrive encore, dans les campagnes, que des épouses dont la famille n'a pas assez d'argent pour payer la dot se fassent battre, et même dans certains cas tuer par leur belle-famille...
Sur ce, tâchez d'être heureux! J'apprécie beaucoup mon expérience, mais je crois que je vais être heureux de revenir et de vous revoir tous!
Mathieu
samedi 30 juin 2007
lundi 11 juin 2007
Des couleurs et des odeurs





Bien le bonjour, lecteurs bien-aimés!
Tout d'abord désolé pour cette longue absence, surtout pour ceux qui surveillent l'évolution de ce blog avidement (je suis sûr que vous êtes nombreux...). Cette chronique portera en partie sur les deux thèmes annoncés dans le titre. Par la suite, si vous êtes gentils, je vous donnerai quelques nouvelles plus concrètes, entre autre sur ma visite chez le barbier et mon excursion un peu décevante à Agra.
Je l'avais expérimenté lors de mon premier passage en Inde en novembre 2005, mais cette-fois ci je peux d'autant plus affirmer avec certitude que ce pays est un savoureux mélange de couleurs et d'odeurs. Avant de venir ici la première fois, je m'étais fait dire qu'aussitôt que tu débarques de l'avion en Inde, ça pue. Cette assertion, évidemment exagérée, contient quand même sa part de vérité. L'Inde est un mélange de plusieurs odeurs qui, je dois l'admettre, sont souvent nauséabondes. Qu'elles viennent des égoûts à ciel ouvert, des petites montagnes de déchets qui jonchent le sol littéralement partout, des excréments humains ou animaux, ou encore de la pollution ambiante de tous ces rickshaws, camions, motos, voitures, autobus, tracteurs et pets de chameau... Cette malodeur ambiente possède néanmoins un avantage non négligeable. Comme ça pue plus souvent qu'autrement, lorsqu'une odeur agréable vient titiller les narines, le plaisir olfactif s'en trouve décuplé. En effet, une bonne odeur au milieu de mauvaises se distingue davantage que si elle se trouvait parmi d'autres bonnes odeurs. Par exemple, quand je circule en rickshaw et que j'essaye de ne pas inhaler toutes les émissions de dioxyde de carbone, et qu'une odeur d'encens, de fleur ou de parfum vient à ma rencontre, je suis très content. Sinon, il y a toujours les odeurs de nourriture qui sont bonnes, ou encore la bonne vieille odeur du linge fraîchement lavé.
Pour ce qui est des couleurs, je suis constamment fasciné par celles des saris des femmes rajpoutes (adjectif pour désigner ce qui est propre au Rajasthan). Selon le souvenir de mon précédent voyage en Inde, ce n'est qu'au Rajasthan qu'on peut admirer des saris avec des couleurs aussi vives. Les couleurs les plus fréquentes sont rouge, rose, orange et jaune. Mais ce ne sont pas des teintes fades; loin de là, les couleurs tirent parfois sur le fluo! Ici encore le principe des odeurs s'applique. Je m'explique : Jaipur est une ville relativement monochrome. Plusieurs éléments de la ville ont une teinte que je qualifierais d'ocre terreux (peut-être un pléonasme). Car non contents d'habiter dans un désert avec presque pas de gazon et beaucoup de terre et de sable, les habitants de Jaipur peinturent chaque année leur ville en "rose" (plutôt cet ocre terreux que du rose) : trottoirs (quand il y en a), murs en bordure de routes, certaines bâtisses. Cette tradition date de 1820 ou autour, quand les habitants ont donné cette couleur à leur ville pour souligner la visite du Prince de Galles (il faut dire que ça "matche" parfaitement avec la couleur de la terre et des collines et montagnes entourant la ville). Cette tradition est restée, et Jaipur est maintenant surnommée la ville rose. Tout ça pour dire que cette teinte d'ocre revient très souvent et que, quand on voit une tache orange vif qui se détache à l'horizon, mettons que ça capte le regard, et ça offre une belle distraction à l'oeil qui ne voit que de l'ocre partout. D'autres exemples de couleurs marquantes : les arbres et toute sorte de verdure (car c'est plutôt rare ici), les fleurs, les oiseaux... pas tant que ça finalement!
Sinon j'ai eu ma première expérience chez le barbier! Je voulais aller me faire couper les cheveux car ils s'en venaient longs et touffus par cette chaleur. Je suis donc allé chez un barbier près d'où j'habite. Je m'installe et on commence à me couper les cheveux avec des ciseaux qui semblaient tellement vieux que je me disais que mon arrière-grand-mère utilisait sûrement les mêmes pour faire de la couture. Mais je n'ai pas eu à me plaindre; ils sont très consciencieux et professionnels, et ils n'aiment vraisemblablement pas les favoris trop épais! Les miens y sont passés quasiment au complet! Puis, sans que je le demande, le gars entreprend de me raser. Comme je sais que les hommes se font souvent raser ici, je me laisse faire. Le barbier de sortir un "rasoir" vraiment old style, que mon arrière-grand-père utilisait fort probablement dans son jeune temps. Ça rasait presque d'aussi près que quand je le fais moi-même (et ne vous inquiétez pas, ils changent la lame à chaque fois)! Après je pensais que c'était fini, mais non! Il me met différentes pommades sur la face et commence à me faire un massage facial (aussi une coutume ici)... Après quelques minutes de cet exercice plutôt désagréable (frottage de la pomme d'adam qui donne mal au coeur, pinçage de nez qui empêche de respirer...!), je lui dis que c'est assez, et je paye les 90 roupies demandés (environ 2.50$) et je m'en vais, allégé du cuir chevelu et soulagé d'avoir échappé à ce "massage"!
Pour clore en beauté : en fin de semaine dernière nous sommes partis à huit vers Agra, lieu de résidence du célèbre Taj Mahal. Trois Canadiens (dont moi), deux Américaines, une Norvégienne, une Polonaise et un Allemand. C'est beau l'AIESEC, non? Après 5h30 de bus de nuit (sans sommeil pour moi), on arrive à 4h du matin à Agra, puis on va déposer nos choses à l'hôtel, pour se diriger très tôt vers le Taj pour y admirer le lever de soleil. Beaucoup moins de touristes que dans mon souvenir, il fait trop chaud... J'ai beaucoup aimé revoir ce site et ce mausolée magnifique fait entièrement en marbre. C'est tout simplement majestueux. Je vous ai mis quelques photos pour que vous puissiez apprécier aussi. Mais le reste de la fin de semaine a été décevant. Cet après-midi là je suis resté couché pour cause de manque de sommeil, problèmes digestifs (je vous épargne les détails...) et chaleur suffocante. Il faisait autour de 48-50 à Agra... Même les Indiens se plaignaient de la chaleur, ce qui est mauvais signe! Et la nuit suivante a été ponctuée de nombreuses coupures de courant, ce qui avait pour effet que je me réveillais à chaque fois dans un bain de sueur parce que le ventilateur avait arrêté. Une des pires nuits de ma vie! Le lendemain, mettons qu'on n'était pas à notre meilleur. J'ai décidé de revenir plus tôt que prévu à Jaipur avec 3 comparses, car je ne me sentais pas mieux. Heureusement, de retour à Jaipur, je me sentais miraculeusement mieux! Et ça s'améliore constamment depuis, donc je suis content!
Je vous laisse sur ces considérations bien terre-à-terre. Pour ceux qui sont sur Facebook, il y a beaucoup plus de photos sur mon profil. J'espère que vous allez tous bien!
Mathieu
Inscription à :
Articles (Atom)