samedi 30 juin 2007

Pot-pourri

Salut!

Encore une fois désolé de cette longue absence bloguienne... On dirait que plus ma vie ici se stabilise, moins je sens le besoin d'écrire. Mais n'allez pas croire qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie. C'est l'Inde, quand même!

Bon, alors, bref, tsé veut dire. Par où commencer? Mon stage je crois, car je n'en ai pas beaucoup parlé jusqu'à maintenant. Disons que j'ai de plus en plus de choses à faire, et que plus le temps passe, plus je trouve mon stage intéressant. Au début j'ai fait des trucs peu ou pas reliés à mon mandat initial, comme écrire une série de conversations en anglais (pour améliorer l'anglais oral des employés de l'ONG), ou écrire une pièce de théâtre pour les enfants du projet Hollande-Inde. Après 3 semaines plus ou moins occupée, j'ai finalement pu aller plus régulièrement faire des visites dans des classes où le projet est présent. Au fond, mon mandat repose vraiment sur deux axes différents. Le premier est de créer le même projet au Canada (on va commencer par le Québec!) : depuis mon départ je suis en contact régulier avec ma cousine Hélène, qui est prof dans une école primaire en banlieue de Montréal. Graduellement nous concevons et planifions pour commencer le projet dans son école en septembre, pour que les enfants écrivent des "journaux" sur différents sujets simples. Je m'occuperai ensuite du reste du processus, soit de traduire leurs textes en anglais et de les mettre sur un site web, de façon à ce que les enfants indiens puissent les voir. Inversement, les enfants québécois auront accès aux journaux qui seront faits par les enfants indiens. Ce processus est censé faire en sorte que les enfants participent davantage en classe, qu'ils apprennent sur une autre culture/un autre pays, qu'ils améliorent leur aptitude de lecture et d'écriture, etc (bref ce que j'avais écrit dans mon premier message). J'ai bien hâte de commencer ce projet en septembre, et de voir comment ça va évoluer. Deuxième axe : me promener dans les classes ici et évoluer l'impact du projet sur les enfants. J'avoue que je suis un peu déçu à ce niveau, quoique ça s'améliore depuis deux semaines. Je participe à de plus en plus d'activités extérieures, que ce soit des visites dans des classes, des ateliers avec des profs, une visite d'un village avec une délégation africaine, ou un pique-nique avec les enfants (ça c'est pour demain). Mais quand je reste au bureau, je m'emmerde un peu, surtout ces temps-ci parce que je scanne les journaux que les enfants indiens ont fait le mois dernier; c'est long et plate! Donc globalement, et ayant accompli la moitié de mon stage, je peux dire que je suis content de mon stage pour l'ONG, surtout que je sors de plus en plus du bureau pour des visites de "terrain". Surtout si je me compare avec d'autres stagiaires qui sont à Jaipur, et qui n'ont aucun mandat quand ils arrivent, et donc qui se pognent le beigne depuis leur arrivée...

Sinon, comme j'ai travaillé six jours par semaine les trois dernières semaines, mes sorties touristiques s'en sont trouvées affectées. Au moins dimanche dernier je suis allé avec quelques comparses (une Albertaine, un Turc, une Britannique et une Hollandaise) voir le coucher de soleil à Tiger Fort (aussi appelé Nahargarh Fort), un fort sur une des nombreuses collines qui dominent Jaipur. C'était très beau : la vue sur la ville et les nuages qui changeaient de couleur graduellement, le soleil comme une gross boule de feu. Mais la fin de semaine prochaine et l'autre d'après, j'aspire à partir, notamment à Pushkar (je vous en ai déjà parlé dans un précédent message, mais on n'avait pas pu y aller parce que la route était bloquée par des émeutes...), et peut-être Udaipur, une ville du sud du Rajasthan qui est surnommée la Venise indienne à cause de ses lacs. Mais c'est quelque chose comme 12 heures d'autobus pour y aller. On verra! Sinon j'ai encore plusieurs choses à voir à Jaipur même.

Côté vie sociale, ça va très bien, autant au bureau qu'avec les autres stagiaires. Je me suis particulièrement lié d'amitié avec Susan, une Albertaine d'Edmonton, qui habite à la même place que moi et sans qui mon séjour n'aurait pas été le même. En ce moment, où j'habite, il y a deux Canadiens (dont moi), trois Turcs, trois Américaines, un Brésilien, une Tunisienne, une Norvégienne et deux Chinois (dont une de Hong Kong). Vive la diversité! Et en bon Québécois étant à l'extérieur du pays, j'ai fêté la St-Jean avec quelques amis, en buvant du raki turc et de la vodka polonaise. On prend ce qui passe! Et j'ai aussi dû, bien malgré moi, fêter le 1er juillet... car mes deux amies albertaines ont organisé une petite soirée, et comme je les aime beaucoup, je me suis plié à leurs exigences, allant jusqu'à me laisser coller des 'tits drapeaux canadiens sur la face. Mais cette soirée là (samedi dernier), j'ai rencontré deux Québécois qui travaillent ici depuis cinq mois (aucun lien avec l'AIESEC, ce qui explique que je ne les avais pas rencontrés avant), mais qui partent malheureusement dans quelques jours. Ils travaillaient pour une ONG aussi. Ça a fait du bien de parler français! C'était quasiment jouissif je dirais. Je parle tout le temps en anglais ici, et c'est rendu que je pense en anglais parfois... Au travail, j'ai un peu l'impression d'être devenu la coqueluche du bureau, car de plus en plus de gens m'invitent à aller manger chez eux. À date je n'ai pu le faire qu'une fois, et ça a été très agréable. Chapattis (genre de galette faite à base de blé je crois), patates, dal, genre de poudding au riz et agréables conversations au menu. Je suis devenu végétarien! En fait où j'habite on est censé avoir du poulet une fois par deux semaines, et des oeufs l'autre semaine, le vendredi soir, mais comme on va souvent manger ailleurs, ça fait un bout que je n'ai pas mangé de viande! Je crois d'ailleurs avoir perdu quelques livres...

Finalement, l'Inde continue toujours de me fasciner et de m'étonner par ses nombreux contrastes. Ici l'homosexualité est socialement réprimée et même condamnable par la loi, mais les hommes se tiennent par la main en signe d'amitié. Les gens nantis nourrissent les vaches sacrées, mais ne donnent rien aux mendiants. Le système des castes est officiellement aboli depuis quelques décennies, mais les servants qui font la bouffe et le ménage où j'habite doivent s'asseoir par terre s'ils veulent regarder la télévision (ça serait très mal vu qu'ils s'assoient sur une chaise ou un sofa). La situation sociale des femmes s'améliore de plus en plus, mais il arrive encore, dans les campagnes, que des épouses dont la famille n'a pas assez d'argent pour payer la dot se fassent battre, et même dans certains cas tuer par leur belle-famille...

Sur ce, tâchez d'être heureux! J'apprécie beaucoup mon expérience, mais je crois que je vais être heureux de revenir et de vous revoir tous!

Mathieu

1 commentaire:

hippoune a dit…

hey maaaaaaaaaaaat, tu vas être content d'apprendre que le Taj Mahal a été voté parmi les 7 nouvelles merveilles du monde!!!!! le vote s'est terminé avant-hier pour remplacer les anciennes qui ont toutes été détruites à l'exception des pyramides....

je suis contente de voir que tu passe du bon temps là-bas et je comprends ton dégout pour le travail de bureau...il est souvent nécessaire pour mener nos mandats à terme sauf que c'est souvent quand même très plate.....

bonne chance pour le reste!!!!

gros bisous!!!!

Mini Ju